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Autant l’origine du Peuple
d’Israël que sa finalité sont étroitement
liés avec le Chofar.
Son origine, comme le déclare le
prophète Isaïe : « C’est dans un cortège
de nuées que tu t’es révélé
à ton peuple, c’est avec des voix retentissantes
et des coups de tonnerre que tu t’es devoilé à
eux et c’est à travers les sons du Chofar que tu
leur es apparu. ».
Sa finalité, toujours d’après Isaïe à
propos de la fin des temps : « En ce jour, résonnera
le son du Grand Chofar; alors arriveront ceux qui étaient
perdus en Assyrie et égarés en Egypte, et tous se
prosterneront devant l’Eternel sur la montagne sainte a
Jérusalem ».
Ainsi, Dieu se dévoile à nous par le biais du Chofar
: D’une part, à nos débuts, quand au Don de
la Torah, nous fut révélée la suprême
volonté divine, et d’autre part, au terme de l’histoire,
lorsque la lumière divine se sera répandue dans
le monde entier, comme il est écrit : « Et ils se
prosternèrent à l’Eternel sur la montagne
sainte, et alors retentira le son du Grand Chofar ».
Ceci dit, en se basant sur ces versets, on peut distinguer deux
archétypes d’exilés. Comme l’explique
les Hassidim, il y a ceux originaires de l’Assyrie, et ceux
originaires de l’Egypte. L’Assyrie se dit en hébreu
‘Achour’ et est composé des même lettres
que le mot ‘ochère’, signifiant bonheur. Elle
symbolise donc une terre de bonheur et de bien-être, source
de richesses et de réussites. Achour, c’est le temple
des délices et de la prospérité. C’est
ce modèle d’exil auquel Moise fait allusion dans
la paracha de Haazinou en disant : « Yechouroun s’est
engraissé et se rebelle ; tu etais trop gras, trop bien
en chair, trop empâté ». Chez ce type de gens,
l’étincelle divine s’est éteinte, enlisée
dans des excès de jouissances qui lui sont étrangères
et dont ils ne peuvent plus se passer, de jour comme de nuit.
Quant a la symbolique de l’Egypte, elle est diamétralement
opposée à celle de Achour. L’Egypte se dit
en hébreu ‘Mitsrayim’ et provient du mot ‘metsère’
signifiant étroitesse, angoisse. Pour ceux-là, c’est
plutôt la misère qui est responsable de leurs égarement.
Exactement comme à l’époque d’avant
la Sortie d’Egypte ; où il est écrit : «
Et ils ne purent écouter Moise, tellement leur esprit était
oppressé par une dure servitude ». Leur grandeur
d’âme est littéralement brisée par tous
leurs malheurs et toute leur détresse.
Malgré cela, il existe une voix capable de réveiller
tous ceux qui ont été engourdis par Achour et paralysés
par Mitsrayim, c’est celle du Grand Chofar. Ainsi que l’explique
Maimonide : « Bien que l’obligation de sonner du Chofar
à Roche-Hachana soit un décret divin, elle évoque
néanmoins la nécessité de nous tirer de notre
torpeur et de nous sortir de notre léthargie ».
C’est cette même idée qu’exprima le poète
Rabbi Elhanan Hakadoch, dans sa fameuse prière ‘Ounetane
Tokef’ : « Et quand dans le Grand Chofar on sonnera,
un léger murmure se fera entendre ». Pourquoi donc
un léger murmure ? Parce qu’en ce jour redoutable,
l’homme est amené à écouter une voix
intérieure, la voix de son âme, la voix de Dieu qui
s’exprime à travers son âme.
Par le son du Chofar, l’âme
se libère de tous ses liens et l’homme peut enfin
prêter attention à l’appel divin provenant
de son for intérieur : « Et un léger murmure
se fera entendre ».
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