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L’obstacle majeur au Grand Pardon de Kippour


Le jour de Kippour, nous nous consacrons principalement aux relations entre nous et Dieu, par notre Techouva et par nos prières. Toutefois, les relations entre l’homme et son prochain sont susceptibles de gêner au point de faire obstacle au processus de purification que l’on vit à Kippour. En effet, le Jour de Kippour n’expie que les fautes commises entre un homme et Dieu. Et qui d’entre nous peut prétendre n’avoir jamais porté atteinte à qui que ce soit, volontairement ou non, laissant ainsi une empreinte dans le cœur de l’autre ?

Le Judaïsme nous enseigne l’importance capitale des relations humaines avec toutes les difficultés qu’elles entraînent. Le Talmud demande : “Qu’est-ce qu’un ‘hassid (un homme véritablement pieux) ?”. A cette question, la première réponse donnée peut paraître surprenante : “C'est celui qui respecte les lois du droit civil”; d’autres Sages disent : “C'est celui qui respecte les Maximes des Pères (le Pirké Abot)”; et d’autres encore disent : “c'est celui qui respecte le Traité de Berakhot” (Traité Baba Kama 30a). Le Maharal de Prague explique qu’il s’agit là de trois dimensions de piété. Tout d'abord, avoir de parfaites relations avec les autres, ce qui se traduit dans la vie de tous les jours par un soucis permanent de ne jamais causer du tort à autrui. Puis, avoir soi-même de parfaites vertus. C'est le respect du Pirké Abot. Et enfin, avoir une parfaite relation avec Dieu, représentée par le respect du traité de Berakhot. Ainsi. celui qui se garde à tout prix de porter préjudice aux autres est considéré comme un véritable pieux, un ‘hassid !
Ceci dit, notons que les problèmes de droit civil dans la Torah sont souvent abordés par la négative, comme par exemple la fameuse réponse de Hillel à celui qui vint un jour lui demander de lui enseigner la Torah toute entière, sur un pied. Il dit alors: ne fais pas a autrui ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse. Sur cette réponse, bon nombre de questions furent posées, entre autres, pourquoi donc utiliser une tournure négative ? Il paraît tellement plus valorisant et plus noble de décrire une volonté positive ! A cela, le Rav Avigdor Amiel répondit en expliquant que contrairement à ce qui est communément admis, il est souvent plus facile de faire activement quelque chose de bien, plutôt que de s’abstenir de faire du mal. En effet, on peut voir fréquemment des gens qui accomplissent de bonnes oeuvres et qui font preuve de bonté, mais qui parallèlement portent préjudice à leurs proches. Il y a plusieurs raisons à cela. Primo, faire du bien est en général un acte momentané, passagé, alors que s’abstenir de faire du mal exige un état permanent de prudence et de précautions. Secundo, en faisant du bien, l’homme ressent une certaine satisfaction; il est conscient du bien qu’il fait car son acte est concret, alors qu’en s’abstenant de faire du mal, il ne ressent pas une si directe et si immédiate satisfaction. Tertio, pour chaque acte de bonté qu’un homme fait, il sait qu'il est en droit de gagner l'estime de toute la communauté, voire même de se faire ovationné en public. Tout le monde lui sourira et le félicitera. Alors que celui qui s’abstient de faire du mal ne reçoit quasiment aucune reconnaissance de la société, et personne ne viendra l’acclamer, meme s'il dût pour cela, faire preuve d'un courage et d'un esprit de sacrifice hors du commun.
Prendre garde de ne pas causer de dommages à son prochain n’est pas pour le Judaïsme un simple moyen de faire régner l’ordre dans la société, mais c’est aussi et surtout un moyen de se rapprocher de Dieu. Tous les commandements divins ont pour but d’éduquer l’homme à la droiture, à l’intégrité et à l’attachement à Dieu. Il est alors évident qu’en se conduisant de façon exécrable envers autrui, on contredit totalement l’esprit de toutes les mitzvot.

C'est pourquoi c'est à nous qu'incombe ce travail, car toute la grandeur et toute la sainteté de Yom Kippour ne pourront nullement libérer l'homme de ses responsabilités vis à vis des autres.

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